

Wanted Jules Verne ? On pourrait le croire. Ces deux "Unes" de la revue Le Voleur ne sont pas sans rappeler ces affichettes livrant à la dénonciation publique le nom et le portrait de certains hors-la-loi. Mais il n'en est rien bien entendu. Cette revue littéraire fut créée à Paris en 1828 par Charles Lautour-Mezeray et Emile de Girardin (le père de la presse moderne). Elle s'intitulait ainsi pour prévenir haut et clair que la plupart des articles qu'elle contenait étaient directement "pompés" dans d'autres journaux de l'époque. Une sorte de Sélection du Reader's digest de l'époque ! Ce qui ne l'empêchait pas de compter parmi ses rédacteurs des publicistes et des écrivains de renom, comme Honoré de Balzac par exemple.
Mais revenons à ces deux numéros. Le premier (photo de gauche) porte le n° 929 et est daté du 23 avril 1875. L'article (anonyme) a déjà été reproduit dans son intégralité par Jean-Michel Margot dans son excellent livre "Jules Verne et son temps" (publié en 2004 par les Editions Encrage). Cet article était essentiellement motivé à l'époque par le succès théâtral du "Tour du monde en 80 jours".
En revanche, le second numéro me semble moins connu. Il porte le n° 1223 et il est daté du 10 décembre 1880. Là encore, c'est son triomphe au théâtre (avec Michel Strogoff cette fois-ci) qui vaut cette superbe "une" à Jules Verne, ainsi que cet article, toujours anonyme mais très favorable et fort plaisant. En cliquant sur la photo de droite, vous devriez pouvoir le lire. Pour ce qui est du verso, voici à mon avis le passage le plus intéressant :
" Le "loup de mer" continue d'habiter Amiens. Il y mène l'existence bourgeoise ; cet excentrique, cet indiscipliné n'aime que celle-là. Les habitudes parisiennes, l'heure tardive des repas, les veilles l'excèdent. Après un séjour forcé pour le tirage d'un livre nouveau, pour les répétitions d'une grande pièce, il retourne chez lui, et recommence avec délices de déjeuner à dix heures, de dîner à cinq, de se coucher à neuf. Il est très aimé, très fêté à Amiens, considéré comme l'honneur et aussi un peu comme la "curiosité" de la ville. Il est membre de la Société académique de la Somme ; devant cette respectable compagnie, il a même assez récemment prononcé un discours très applaudi sur les transformations probables que le monde aura subies en l'an 2500. Il sait cela à point nommé, comme il sait tout. On peut l'en croire sur parole.
En revanche, le second numéro me semble moins connu. Il porte le n° 1223 et il est daté du 10 décembre 1880. Là encore, c'est son triomphe au théâtre (avec Michel Strogoff cette fois-ci) qui vaut cette superbe "une" à Jules Verne, ainsi que cet article, toujours anonyme mais très favorable et fort plaisant. En cliquant sur la photo de droite, vous devriez pouvoir le lire. Pour ce qui est du verso, voici à mon avis le passage le plus intéressant :
" Le "loup de mer" continue d'habiter Amiens. Il y mène l'existence bourgeoise ; cet excentrique, cet indiscipliné n'aime que celle-là. Les habitudes parisiennes, l'heure tardive des repas, les veilles l'excèdent. Après un séjour forcé pour le tirage d'un livre nouveau, pour les répétitions d'une grande pièce, il retourne chez lui, et recommence avec délices de déjeuner à dix heures, de dîner à cinq, de se coucher à neuf. Il est très aimé, très fêté à Amiens, considéré comme l'honneur et aussi un peu comme la "curiosité" de la ville. Il est membre de la Société académique de la Somme ; devant cette respectable compagnie, il a même assez récemment prononcé un discours très applaudi sur les transformations probables que le monde aura subies en l'an 2500. Il sait cela à point nommé, comme il sait tout. On peut l'en croire sur parole.

Wanted Jules Verne? We could believe it. These two frontpages of the magazine « Le Voleur » (Lit. The Thief) are not without reminding these posters delivering to the public denunciation the name and the portrait of certain outlaw. But it is not naturally. This literary magazine was created in Paris in 1828 by Charles Lautour-Mezeray and Emile de Girardin (the father of the modern press). It was so entitled to inform unambiguously that most of articles which it contained were directly "borrowed" to the other newspapers. A sort of « Selection of the Reader digest » ! However, it counted among his writers many journalists and writers of good name, as Honoré de Balzac for example. But let us return to these two issues. The first one (left photo), # 929, is dated April 23rd, 1875. The article (unknown person) was reproduced already by Jean-Michel Margot in its excellent book " Jules Verne and its time " (published in 2004 by Encrage). This article was essentially motivated by the theatrical success of the " Le Tour du monde en 80 jours ". The second issue, # 1223, seems to me less known. It is dated December 10th, 1880. Even there, it is its triumph to the theater (with Michel Strogoff this time) that is worth this haughtiness frontpage to Jules Verne, as well as this article, always anonymous but very favorable and very pleasant. By clicking the right photo, you should be able to read it. For the reverse, here is to my opinion the most interesting passage:
"The old sailor continues to live in Amiens. He leads it the bourgeois existence; this eccentric, this undisciplined likes only that one. The Parisian customs, the late hour of the meals, the eves irritate him. After a stay forced for the edition of a new book, for the repetitions of a big play, he returns at him, and begins again with delights of lunch at ten o'clock, to have dinner for five, to go to bed for nine. He is very loved, very celebrated in Amiens, considers as the honor and so a little as the "curiosity" of the city. He is member of the academic Society of the Somme; in front of this respectable company, he pronounced even enough recently a very applauded speech on the likely transformations which the world will have undergone in the year 2500. He knows it just at the right moment, as he knows everything. We can believe it on word."
"The old sailor continues to live in Amiens. He leads it the bourgeois existence; this eccentric, this undisciplined likes only that one. The Parisian customs, the late hour of the meals, the eves irritate him. After a stay forced for the edition of a new book, for the repetitions of a big play, he returns at him, and begins again with delights of lunch at ten o'clock, to have dinner for five, to go to bed for nine. He is very loved, very celebrated in Amiens, considers as the honor and so a little as the "curiosity" of the city. He is member of the academic Society of the Somme; in front of this respectable company, he pronounced even enough recently a very applauded speech on the likely transformations which the world will have undergone in the year 2500. He knows it just at the right moment, as he knows everything. We can believe it on word."
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