Sacrilège. Une dépêche de l'agence de presse Reuters, émise hier et largement reprise par bon nombre de media électroniques du monde entier, vante les mérites d'un nouveau site (www.dailylit.com) grâce auquel on peut désormais recevoir chaque jour, sur sa messagerie électronique ou sur son téléphone portable, de fines "tranches" des oeuvres de nos plus grands auteurs. Léon Tolstoï, Charles Dickens, Shakespeare, Sir Arthur Conan Doyle, Herman Melville, Alexandre Dumas, Jules Verne, et bien d'autres encore, voient ainsi leurs plus grandes oeuvres découpées comme de vulgaires salamis. Le Tour du monde en 80 jours, par exemple, est découpé en 82 rondelles, 20.000 lieues sous les mers, en 129, Voyage au centre de la terre, 111, etc.
Chaque "épisode" est en outre "conçu" (et donc réécrit !) pour qu'il puisse être lu en moins de cinq minutes, entre deux métros ou deux e-mails professionnels. Il paraît en effet que les gens n'ont plus le temps de lire des livres (ne serait-ce pas plutôt le manque de courage ?). Toujours est-il que, alors que ce site a été créé au début de ce mois de mai, la société revendique déjà plus de 50.000 adhérents.
Pauvres grands auteurs, pauvre pauvre Jules Verne. Il n'est plus loin ce jour où, à l'instar d'un certain Michel Dufrénoy, on ne pourra plus "prendre quelques uns de ces livres si chers, les ouvrir, lire une phrase de l'un, une page de l'autre, ne prendre de celui-ci que les têtes de chapitres et seulement les titres de celui-là, respirer ce parfum littéraire qui monte au cerveau comme une chaude émanation des siècles écoulés...". "La littérature est morte", disait son oncle Huguenin. "Vois ces salles désertes, et ces livres ensevelis dans leur poussière ; on ne lit plus ; je suis ici gardien de ce cimetière, et l'exhumation est interdite".
Notre grand visio
nnaire avait encore raison... mais il ne se doutait probablement pas que ses propres oeuvres seraient elles aussi les victimes de ces génies malfaisants. Et le pire c'est que, toujours selon la dépêche précitée, certains éditeurs "papier" se déclarent fort intéressés par ce nouveau concept, "ce nouveau format qu'ils n'ont pas encore exploités". Ben voyons ! Prenez garde : Jules Verne et certains de ses collègues pourraient bien sortir réellement de leur tombe pour vous apprendre le respect. Ce n'est pas parce que leurs oeuvres sont tombées dans le domaine public qu'elles peuvent aussi ignominieusement être massacrées.
Chaque "épisode" est en outre "conçu" (et donc réécrit !) pour qu'il puisse être lu en moins de cinq minutes, entre deux métros ou deux e-mails professionnels. Il paraît en effet que les gens n'ont plus le temps de lire des livres (ne serait-ce pas plutôt le manque de courage ?). Toujours est-il que, alors que ce site a été créé au début de ce mois de mai, la société revendique déjà plus de 50.000 adhérents.
Pauvres grands auteurs, pauvre pauvre Jules Verne. Il n'est plus loin ce jour où, à l'instar d'un certain Michel Dufrénoy, on ne pourra plus "prendre quelques uns de ces livres si chers, les ouvrir, lire une phrase de l'un, une page de l'autre, ne prendre de celui-ci que les têtes de chapitres et seulement les titres de celui-là, respirer ce parfum littéraire qui monte au cerveau comme une chaude émanation des siècles écoulés...". "La littérature est morte", disait son oncle Huguenin. "Vois ces salles désertes, et ces livres ensevelis dans leur poussière ; on ne lit plus ; je suis ici gardien de ce cimetière, et l'exhumation est interdite".
Notre grand visio
nnaire avait encore raison... mais il ne se doutait probablement pas que ses propres oeuvres seraient elles aussi les victimes de ces génies malfaisants. Et le pire c'est que, toujours selon la dépêche précitée, certains éditeurs "papier" se déclarent fort intéressés par ce nouveau concept, "ce nouveau format qu'ils n'ont pas encore exploités". Ben voyons ! Prenez garde : Jules Verne et certains de ses collègues pourraient bien sortir réellement de leur tombe pour vous apprendre le respect. Ce n'est pas parce que leurs oeuvres sont tombées dans le domaine public qu'elles peuvent aussi ignominieusement être massacrées.
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